Quelle prise en charge en cas de traumatisme oculaire grave ?

Quelle prise en charge en cas de traumatisme oculaire grave ?

Un traumatisme oculaire grave est une épreuve bouleversante, tant sur le plan physique...
2025-09-25T00:00:00+02:00

Un traumatisme oculaire grave est une épreuve bouleversante, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Pour les patients et leurs proches, l’inconnu peut être une source d’angoisse : que va-t-il se passer ? Quels soins vont être nécessaires ? Et surtout, pourra-t-on retrouver une vie normale après une telle blessure ?

Dans cet article, nous vous guidons pas à pas à travers les différentes étapes de la prise en charge d’un traumatisme oculaire grave. Vous découvrirez le parcours médical type, les solutions existantes en cas de perte de l’œil, et l’importance d’un accompagnement humain et professionnel à chaque étape. Cet article s’adresse à toute personne concernée — directement ou non — par cette situation. Il vise à informer avec bienveillance, rassurer et offrir des pistes concrètes d’action.

Identifier et réagir en cas de traumatisme oculaire grave

Reconnaître les signes d’une blessure oculaire sérieuse

Un traumatisme oculaire grave peut survenir à la suite d’un choc, d’une perforation, d’une brûlure chimique ou thermique, ou d’un corps étranger pénétrant dans l’œil. Voici quelques signes qui doivent alerter :

  • Douleur intense et soudaine dans ou autour de l’œil
  • Saignement au niveau de l’œil ou de la paupière
  • Perte partielle ou totale de la vision
  • Déformation visible de l’œil ou de son contour
  • Présence d’un objet planté dans l’œil

Les premiers gestes à adopter

En cas de suspicion de traumatisme grave, chaque minute compte. Il est essentiel de :

  • Ne pas toucher ni frotter l’œil
  • Ne jamais essayer de retirer un objet planté, même partiellement visible
  • Couvrir doucement l’œil avec une protection propre (par exemple un gobelet en plastique stérile tenu avec un bandage)
  • Se rendre immédiatement aux urgences ophtalmologiques

Une consultation rapide permet de maximiser les chances de préserver tout ou partie de la vision et de limiter les dégâts.

La prise en charge hospitalière

L’examen initial et les soins d’urgence

À l’hôpital, le patient est pris en charge par une équipe ophtalmologique. Un examen approfondi est réalisé pour évaluer l’étendue des lésions : vision restante, pression intraoculaire, état des tissus (cornée, cristallin, rétine…). Des examens d’imagerie médicale peuvent être nécessaires (scanner orbitaire, échographie).

Les premiers objectifs sont de stabiliser l’état du patient, réduire l’inflammation et prévenir les infections. Un traitement antibiotique, une chirurgie de première intention ou un acte de réparation peuvent être envisagés rapidement.

Vers une chirurgie reconstructive ou l’éviscération

Lorsque l’œil est trop abîmé pour être réparé, une décision difficile peut s’imposer : celle d’enlever le contenu de l’œil (éviscération) ou l’œil entier (énucléation) afin de soulager la douleur chronique, d’éviter les infections et de permettre la pose d’une prothèse oculaire.

Ce choix se fait après discussion entre le médecin et le patient, en prenant en compte l’impact médical, esthétique et émotionnel. Même dans ces cas extrêmes, des solutions existent pour redonner une apparence naturelle et un bon confort de vie.

La période post-opératoire et l'accompagnement psychologique

Suivi médical et cicatrisation

La phase de convalescence dure généralement entre 4 et 6 semaines. Des visites de suivi sont prévues pour surveiller la bonne cicatrisation et prévenir les complications (infections, rejet d’implant...). Durant cette période, un conformateur (pièce en plastique moulée) est souvent placé pour préparer l’orbite à recevoir une future prothèse oculaire.

L’impact émotionnel : un aspect à ne pas négliger

Perdre un œil est un traumatisme à la fois physique et psychologique. Il est tout à fait normal de ressentir de la tristesse, du choc, ou encore la peur du regard des autres. C’est pourquoi l’accompagnement psychologique, individuel ou familial, est recommandé. Certains centres hospitaliers proposent un soutien par des psychologues spécialisés.

Des groupes de parole ou des témoignages d’autres porteurs de prothèse peuvent également aider à retrouver confiance en soi et à mieux vivre cette étape.

La pose d’une prothèse oculaire : redonner forme et vie au regard

Quand et comment se fait la pose ?

En général, la prothèse oculaire est posée environ 6 à 8 semaines après la chirurgie. Elle est réalisée sur mesure par un oculariste, un professionnel spécialisé. Grâce à des techniques de fabrication très précises, la prothèse imite la couleur, la taille et le mouvement de l’œil sain.

Elle se place sans douleur au niveau de l’orbite, par-dessus l’implant mis durant l’opération. Une fois bien posée et acceptée, la prothèse est pratiquement indétectable par l’entourage.

Vivre avec une prothèse oculaire

Une prothèse oculaire permet non seulement de préserver l’aspect esthétique du visage, mais aussi de renforcer l’estime de soi. Après une courte période d’adaptation, la plupart des patients mènent une vie normale : travail, sport, loisirs...

Elle nécessite cependant un entretien régulier et des contrôles annuels pour s’assurer de son bon état. Un bon suivi avec l’oculariste est donc essentiel.

Conclusion : sortir de l’épreuve, retrouver l’équilibre

Un traumatisme oculaire grave bouscule une vie. Mais il ne doit pas marquer la fin d’un quotidien serein. Grâce à une prise en charge médicale de qualité, à l’expertise des professionnels et à des solutions esthétiques très avancées comme la prothèse oculaire, il est tout à fait possible de retrouver équilibre, confiance et qualité de vie.

Chaque cas est unique, et c’est pourquoi l’accompagnement personnalisé par un ophtalmologue, un chirurgien et un oculariste est fondamental. Si vous ou un proche êtes concerné par ce type de blessure, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un professionnel spécialisé pour poser toutes vos questions, obtenir un avis éclairé et démarrer, en confiance, le chemin de la reconstruction.